Archives des "Lu pour vous"



Sommaire de la Bibliographie du Réseau Eosinophile


Revues générales
 
Syndromes hyperéosinophilique (généralités)
            
Syndromes hyperéosinophiliques clonaux

Syndromes hyperéosinophiliques d’origine lymphoïde

Eosinophilies et syndromes hyperéosinophiliques en pédiatrie
 
Eosinophilies iatrogènes
 
Propriétés et fonctions du polynucléaire éosinophile
 
Eosinophile et cancer
 
Eosinophile en ORL

Eosinophile et poumon

Eosinophile en hépato-gastro-entérologie

Eosinophile en dermatologie





Revues générales
 

Syndromes hyperéosinophiliques

Dysregulation of interleukin 5 expression in familial eosinophilia.
Prakash Babu S, Chen YK, Bonne-Annee S, Yang J, Maric I, Myers TG, Nutman TB, Klion AD.
Allergy. 2017 Sep;72(9):1338-1345
 
Contexte. Les hyperéosinophilies (HE) familiales sont exceptionnelles, d’évolution apparemment toujours bénigne malgré une hyperéosinophilie chronique, > 1.5 G/L dès la naissance. La transmission est autosomique dominante, et l’anomalie génétique en cause est localisée en 5q31-33. Les mécanismes physiopathologiques en cause sont inconnus. Ce travail exploratoire de l’équipe d’Amy Klion au NIH a étudié la production d’interleukine 5 (IL-5) et les autres cytokines Th2 (IL-4, IL-13) dans une famille.

Résultats. L’expression de l’ARNm de l’IL-5 par les PBMC est augmentée chez ces patients, mais pas les ARNm d’IL-4 et IL-13. La production d’IL-5 dans les surnageants est également augmentée dans les surnageants de culture de PBMC et des ILC2.

Commentaire. Bien que les gènes de l’IL-5, de l’IL-3 et du GM-CSF soient situés dans la région chromosomique qui semble en cause dans les HE familiales, les séquençages ciblés n’ont pas permis d’identifier la mutation en cause. Ces nouvelles données démontrant le rôle de l’IL-5, sans biais Th2, suggèrent qu’il existe bien une régulation différentielle entre l’IL-5 d’une part, l’IL-4 et IL-13 d’autre part, ce qui était suggéré par d’autres études antérieures. La compréhension de ce mécanisme pourrait conduire à un nouveau ciblage thérapeutique de l’IL-5.
            

Syndromes hyperéosinophiliques clonaux

Myeloid neoplasms with eosinophilia. 
Reiter A, Gotlib J. 
Blood. 2017 Feb 9;129(6):704-714.

Commentaire. Revue d'experts sur les éosinophilies clonales et les hémopathies myéloïdes avec éosinophilie. La figure 3 recense l'ensemble des gènes partenaires connus à ce jour comme étant impliqués dans les fusions avec les récepteurs de tyrosine kinase et donc les translocations d'intérêt au caryotype. 
 

Syndromes hyperéosinophiliques d’origine lymphoïde

IgG4-related disease and lymphocyte-variant hypereosinophilic syndrome: A comparative case series.
Carruthers MN, Park S, Slack GW, Dalal BI, Skinnider BF, Schaeffer DF, Dutz JP, Law JK, Donnellan F, Marquez V, Seidman M, Wong PC, Mattman A, Chen LY. Eur J Haematol. 2016 Dec 22.
 
Contexte. Le SHE lymphoïde et le syndrome hyperIgG4 partagent quelques manifestations cliniques communes comme l’hyperéosinophilie, les adénopathies, les manifestations digestives et une augmentation des Ig. Les auteurs proposent une étude comparée de 31 patients avec sd hyperIgG4 et 13 patients avec SHE L
Résultats. Les caractéristiques cliniques et biologiques des deux groupes de malades sont comparés et des paramètres « chevauchant » sont identifiés (ex : augmentation des IgG4 dans le SHE et clonalité T ou phénotypage lymphocytaire T anormal dans le SHG4). Les paramètres les plus intéressants sont la présence d’une hyperéosinophilie sanguine > 0.7 G/L chez n=8 (31%) des SHIG4 dont 4 avec un taux > 1.5 G/L, la présence quasi-constante d’une hyperIgE et d’une clonalité T chez n=12/31.
Commentaire : les auteurs concluent à un syndrome de chevauchement possible entre les deux entités mais ces conclusions sont à relativiser notamment sur: 
  1. la définition diagnostique des SHE L : CD3+CD4-CD8- sans étude du TCR : probable TCRgamma-delta qui ne définit par un SHE lymphoïde à la différence d’un TCRalpha-beta, la clonalité T seule sans anomalie au phénotypage
  2. les valeurs « normales » de certaines populations lymphoïdes
  3. le caractère non spécifique de l’hyperIgE et de la clonalité T.
 
A case of T-cell lymphoproliferative disorder associated with hypereosinophilia with excellent response to mycophenolate mofetil.
Hanbali A, Shaheen M, Alfraih F, Al-Otaibi W, El Fakih R, Owaidah T, Ahmed S.
Hematol Oncol Stem Cell Ther. 2017 Feb 1. pii: S1658-3876(17)30005-5. doi: 10.1016/j.hemonc.2016.11.001

Contexte. Les hyperéosinophilies secondaires à un syndrome lymphoprolifératif T sont classiques, mais les diagnostics différentiels et les traitements ne sont pas toujours simples. L’exemple le plus représentatif en est le variant dit « lymphoïde » du syndrome hyperéosinophilique dans lequel la corticothérapie est efficace mais au prix d’une corticodépendance souvent importante. Les traitements d’épargne les plus utilisés sont l’interferon-alpha, la ciclosporine, le mepolizumab avec des efficacités et tolérances variables.

Cas clinique. Les auteurs présentent un cas d’hyperéosinophilie secondaire à un syndrome lymphoprolifératif T non caractérisé (lymphome T cutané ou mycosis fungoïde). Les données cliniques (adénopathies, lésions cutanées) et biologiques (augmentation des IgE sériques) pourraient faire évoquer un SHE lymphoïde mais le phénotypage lymphocytaire sur sang périphérique n’est pas fourni. Le mycophenolate mofetil a été remarquablement efficace sur l’éosinophilie, les lésions cutanées, les adénopathies et les IgE sériques.

Commentaire. Au vue de son maniement simple, de sa tolérance souvent bonne, mais sous réserve de l’absence de diagnostic précis ici, le MMF pourrait être ajouté aux traitements pertinents dans le SHE lymphoïde. 

 

Syndromes hyperéosinophiliques en pédiatrie

JAK1 gain of function causes an autosomal dominant immune dysregulatory and hypereosinophilic syndrome.
Del Bel KL, Ragotte RJ, Saferali A, Lee S, Vercauteren SM, Mostafavi SA, Schreiber RA, Prendiville JS, Phang MS, Halperin J, Au N, Dean JM, Jewels E, Junker AK, Rogers PC, Seear M, McKinnon ML, Turvey SE. J Allergy Clin Immunol. 2017 Jan 19. 

​Cas cliniques. Les auteurs décrivent 3 cas familiaux (mère ans, 2 fils de 2 et 6 ans) présentant un tableau de SHE avec hyperéosinophilie majeure (3G/L) associé à un retarde de croissance, une dermatite atopique sévère, un infiltrat éosinophilique digestif et hépatique sévère, une hépatosplénomagalie majeure, une thyroidite auto-immune. Les IgE sont normales, la recherche de réarrangement de PDGFRA? PDGFRB, FGFR1 était négative. Les corticoïdes sont inefficaces. Un séquencçage d'exome a permis d'identifier une mutation hétérozygote de JAK1 (A634D) survenue de novo chez la mère (absente chez ses parents). les tests fonctionnels ont conclut à une utation activatrice de JAK1/STAT1. Le ruxolitinib a été spectaculairement efficace sur l'éosinophilie et les symptomes. 
Commentaire. Les éosinophilies familiales ont la réputation d'être bénignes, contrairement à cette nouvelle entité. Ces éosinophilies familiales par mutation "gain de fonction" de JAK1 sont sensibles au ruxolitinib. 
 


 
Eosinophilies iatrogènes
 

Eosinophilic drug reactions detected by a prospective pharmacovigilance programme in a tertiary hospital. Ramírez E, Medrano-Casique N, Tong HY, Bellón T, Cabañas R, Fiandor A, González-Ramos J, Herranz P, Trigo E, Muñoz M, Borobia AM, Carcas AJ, Frías J. Br J Clin Pharmacol. 2017 Feb;83(2):400-415

Contexte. Les éosinophilies iatrogènes (EDR, eosinophilic drug reaction) sont classées dans les réactions d'hypersensibilitées retardées (type IVb) et impliquent une réaction immunitaire mixte Th1 (IFNg) et Th2 (production IL-4, IL-13 et Il-5), à prédominance Th2. L'hôpital universitaire La Paz de Madrid a mis en place un système d'alerte automatisé sur les éosinophilies > 0.7G/L découvertes à l'admission ou survenant en cours d'hospitalisation. Les dossiers ont ensuite été étudiés et le médecin référent contacté pour évaluer l'imputabilité d'un médicament et le bilan biologique orienté vers cette hypothèse (sérologie HHV6, dosages d'Ig, ...). 
Résultats. L'étude a duré 42 mois et 3233 cas d'éosinophilies ont été détectés. Le diagnostic d'EDR a été retenu dans 274 cas (8,5%) chez 267 patients, dans 60% des cas il s'agissait d'une éosinophilie survenue en cours d'hospitalisation. Dans 56% des cas il s'agissait d'une éosinophilie asymptomatique avec un pic médian d'éosinophiles à 0.76 G/L (0.72-2300) et un délai médian de survenue à 6j (1-21). Pour les éosinophilies symptomatiques (44%), le pic médian était de 0.88 G/L (791-8300) (délai de survenue non précisé). Eosinophilies symptomatiques ou non confondues, les comorbidités associées était=ent l'atopie dans 18% des cas, l'insuffisance rénale chronique, un cancer actif, l'asthme, une maladie auto-immune systémique, un antécédent d'HS médicamenteuse et/ou une insuffisance hépatique dans 5 à 10% des cas. Après ajustement sur l'âge, le sexe et le service d'hospitalisation, les facteurs associés aux éosinophilies symptomatiques étaient une éosinophilie plus précoce, un taux d'éosinophilies plus élevé et une introduction retardée des corticoïdes. Parmi les éosinophilies symptomatiques, les patients étaient classés en DRESS (53%), manifestations dermatologiques seules (30% ou atteinte viscérales isolées (16%). Dans le DRESS, outre les manifestations cutanées et l'éosinophilie (100% des cas), on notait des manifestations pseudogrippales (67%) et de la fièvre (86%°, une polyadénopathie (45%) , des atteintes muqueuses (42%), hépatiques (78%), rénales (34%), pulmonaires (33%) et une réactivation HHV6 (38%). La séquence de survenue des manifestations cliniques et biologiques du DRESS associait la fièvre (délai médian J11), l'hypogammaglobulinémie (J12, fréquence non précisée), l'éosinophilie (J21), l'exanthème (J23). Les médicaments en cause sont détaillés pour les éosinophilies asymptomatiques, symptomatiques et les DRESS. 
Commentaire. Le programme de détection des événements iatrogènes par la biologie est une approche originale et exhaustive pour décrire les éosinophilies iatrogènes. Cette étude monocentrique mais prospective a le mérite de décrire la fréquence des éosinophilies symptomatiques et notamment des DRESS. L'étude n'aborde pas du tout la prise en charge et notamment les indications de corticothérapie. 
 

 


 
Propriétés et fonctions du polynucléaire éosinophile
 

Exosomes from eosinophils autoregulate and promote eosinophil functions. Cañas JA, Sastre B, Mazzeo C, Fernández-Nieto M, Rodrigo-Muñoz JM, González-Guerra A, Izquierdo M, Barranco P, Quirce S, Sastre J, Del Pozo V. J Leukoc Biol. 2017 Jan 17.

Contexte. Les polynucléaires éosinophiles sont capables de relarguer dans leur environnement leurs vésicules cytoplasmiques dès alors appelées vésicules extracellulaires, ou exosomes. Ces exosomes contiennent entre autres des protéines cationiques comme l’ECP, la MBP et l’EPX, responsables de dommages tissulaires (inflammation / remodelage). Ces exosomes sont particulièrement abondants dans l’asthme et agissent comme des organites indépendants, capables de répondre aux stimuli de l’environnement tissulaire. Les auteurs ont voulu étudier leurs rôles dans la physiopathologie de l’asthme.
Résultats. Par rapport aux PNE et leurs exosomes chez les sujets sains, les PNE sanguins de patients asthmatiques sécrètent plus d’exosomes, leurs exosomes sécrètent plus de protéines cationiques, augmentent la production de ROS par le PNE, facilitent la migration et l’adhésion des PNE.
Commentaire. Ces nouvelles données confortent les données antérieures sur le rôle de ces exosomes ou granules extracellulaires dont on savait également qu’ils produisaient de l’IL-4 et de l’IL-6, contribuaient aux phénomènes d’ETose (extracellular DNA trap cell death) et pouvaient constituer une activité inflammatoire ou immunorégulatrice, y compris post-mortem de l’éosinophile, inductible par exemple par l’action de l’éotaxine 1 sur le récepteur CCR3 (voir Ueki Blood 2013)
 

Eosinophile et cancer
 

Le polynucléaire éosinophile en ORL
 

Eosinophile et poumon

Eosinophilic airway inflammation in asthma is associated with an altered airway microbiome.
Sverrild A, Kiilerich P, Brejnrod A, Pedersen R, Porsbjerg C, Bergqvist A, Erjefält JS, Kristiansen K, Backer V. J Allergy Clin Immunol. 2016 Dec 29. pii: S0091-6749(16)32475
 
Contexte. L’asthme est une maladie inflammatoire chronique bronchique classiquement caractérisée par une réponse Th2. Ce « profil Th2 » caractérisé par la production d’IL-4, IL-13 et IL-5 n’est cependant retrouvé que chez la moitié des malades, et est associé à une meilleure réponse aux corticoïdes inhalés. L’étude du microbiote respiratoire a mis en évidence un pattern de bactéries particulier chez les patients avec un profil « non éosinohilique » Th1/Th17 caractérisé par une présence de neutrophiles et d’Il-8 dans les crachâts. Les auteurs proposent ici de comparer le microbiome respiratoire de patients non traités par corticoïdes et de corrélé les données au profil à dominante « neutrophilique » ou « éosinophilique » des patients.
Résultats. Le profil « eosinophil high » est caractérisé par une éosinophilie importante dans le LBA et les biopsies bronchiques, une FeNO plus élevée, une hyperréactivité au mannitol plus élevée que dans le profil « eosinophil low ». Le microbiote et notamment sa diversité, diffère entre les patients « eosinophil high », « eosinophil low » et les sujets sains. Il n’y avait pas de différence selon le profil neutrophilique.
Conclusion. La relation de cause à effet entre les modifications de profils inflammatoires éosinophiliques et les modifications quantitative et qualitative du microbiote respiratoire restent à étudier.
 

Le polynucléaire éosinophile en hépato-gastro-entérologie
 

Le polynucléaire éosinophile en dermatologie




 

Activité Recherche du Réseau

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